_19. No Hope, no Love, no Glory. No happy Ending.

Publié le par Mélie

Si tu lis, tant mieux, tant pis. Je ne sais pas.
La nuit je te parle, je t’écris. Je ne pourrais jamais être sûre de t’avoir tout dit. Tu ne m’entends pas, ne me lis jamais. Combien de bouteilles à la mer encore pour me sentir mieux, définitivement ?

 

Décembre 2010.

 

 

Cher Désastre,

 

Quand tu as posé tes valises dans ma vie, j’avais une famille bancale à un point difficilement imaginable pour quiconque n’y appartenait pas, aucune confiance en moi, les cheveux indisciplinés, quelques kilos en trop, mais je faisais face, et je parvenais même à rendre le bonheur accessible, en particulier car je savais m’entourer. Mes amis, mes piliers me rendaient quasiment invincibles, tout comme le reste de ma famille. Je n’avais peur de rien, ne connaissais pas l’échec de ce que j’entreprenais et qui ne tenait qu’à moi, et je déclenchais l’admiration de certains pour une force dont je n’avais même pas conscience. Je ne cherchais pas à plaire, et ça me rendait d’autant plus sincère. C’est de cette fille là que tu as dû tomber amoureux, cette fille qui aurait déplacé des montagnes pour ceux qu’elle aimait sincèrement, pour atteindre ses objectifs ou plus simplement pour distribuer un peu de sourires autour d’elle. 


- I can't go any further than this, I want you so badly, it's my biggest wish -
En apprenant à aimer quelqu’un comme je t’ai aimé, on entame forcément la couche épaisse qui s’est formé en grandissant autour de notre cœur pour nous protéger. Développer de tels sentiments nous rend vulnérable mais aussi plus réceptif à la beauté des choses. Et tu m’as montré cette beauté, donné le goût des surprises, de l’imprévu, de la complicité en toutes circonstances, des plus sérieuses aux plus légères. Plus je t’aimais plus les autres devenaient fades. Si tu étais à côté d’eux, ils retrouvaient leur lumière. Ce qui me suffisait autrefois a fini par ne plus suffire. Une maladie dont tu es le seul remède, et c’est la raison pour laquelle je souffre tant aujourd’hui, que j’ai tant de mal à composer avec ton absence, à comprendre qui j’étais et qui je deviendrai. Ce que je le suis, je le sais. Je suis devenue une fille faible, une éponge qui absorbe le bon quand elle le décerne et surtout le mauvais.
Je suis un paquet de bonbons vide… Tu as pris mes douceurs, mes surprises, mes aigreurs, tous mes délices et tu t'es tiré. C'est ce que tu sais faire le mieux, fuir. Tu n'as juste pas la décence de le faire avant que ce ne soit trop tard. Tu t'es nourri de la façon dont je t'aimais, jusqu'aux derniers souffles de notre histoire affreusement irrégulière et insensée.
 

- Tu t'es nourri de ses cendres, aujourd'hui tu n'as plus besoin d'elle -
Tu es parti en ayant tout goûté, encore et encore, assez pour absorber mes forces et savoir où faire mal si d’aventure cela devenait nécessaire. « Tout ça est bien suffisant », tu n’as même pas pris le soin de mettre le paquet vide à la poubelle, il est juste négligemment caché là où personne n’est censé aller, plus ou moins bien selon les jours.
 J’imagine.
 

J’ai absorbé beaucoup de tes angoisses, de tes habitudes, bonnes ou mauvaises, quelques qualités avec lesquelles je suis désormais ennuyée car je n’ai plus personne avec qui les partager, et surtout beaucoup de ce qu’il y avait de corrosif en toi. On m'a même reproché de te ressembler, et c'est sûrement une des pires choses qu'on peut me dire aujourd'hui.
 

Bien plus que la couche qui protégeait mon cœur et l’innocence que j’avais lorsqu’il s’agissait d’aimer, tu t’en es pris à mes valeurs, ultimes palissades derrière lesquelles je me protégeais, mis à mal mon sale caractère qui me permettait de me sortir de tout avec plus de peur que de mal, altéré mes aspirations, crée des besoins qui causent désormais ma perte.

Cette envie de tout envoyer valser, cette colère, et ce besoin de  parfois mettre les choses volontairement dans une situation d'échecs. 

D'après toi, à qui je le dois ?  

 

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échecs




Cette fois pourtant, les choses se présentaient différemment.  Je n'ai pas suffoqué tout de suite,  j'avais presque l'air soulagée m'a-t'on confié. Je reprenais mon souffle dans les soupirs d'un autre après deux longues années de sacrifices incessants et non reconnus, d’agonie à l’approche de chaque période de vacances. Et pourtant je connaissais l'issue funeste de cette adorable illusion dès le départ. Croire qu'on peut aimer à en mourir et s'en sortir si facilement dans d’autres bras était une errreur, mais de celles qu'on ne regrette pas d'avoir commis. 

Aimer se fait toujours aux dépends d’autres choses, d’autres personnes, tout aussi essentielles pourtant. Si elles ne me manquaient pas, elles me manquent maintenant. Je me rends compte de ce que j’ai délaissé, de ce que je n’ai pas vécu ... Je ne m’en voudrais pas tant si seulement tu me l’avais rendu.  

 

 

 

 

 

 

Pour cette vie et celle d’après, tu seras mon unique projet -  

Tu passais en premier quand je n’étais que sur la file d’attente, énième trophée d'un charme confirmé, bien rangée sur l’étagère de tes regrets, entre ton incapacité à décider et les projets que tu faisais avec une autre. J’ai fini par me dire que c’était ma place, d’être dans l’ombre, que c’est là où je brillais le plus, si bien qu’à ton départ j’y suis restée, et personne n’est venu m’en sortir. Certains ont pourtant eu le cœur d’essayer, pas avec la conviction qu’il fallait certainement. J’ai l’audace d’en vouloir à ses héros râtés.

 

Tu m’as retiré toute envie de faire équipe, ce besoin pourtant inhérent à ma personnalité. Si j’use mon énergie à quelque chose, c’est à tout détruire. Je ne sais plus faire que ça. Parfois, j'aimerais que tu reviennes. J'ai jamais autant souffert que lors de ta semi-présence mais au moins, j'étais entourée, et je croyais encore à l'amitié, en l'être humain. J'avais placé en toi l'espoir que tu remettes ma vie dans le bon sens, et au lieu de ça, tu l'as dérangée comme jamais personne auparavant. Comme si j'avais besoin de ça. Je ne pourrais jamais remettre à leur place toutes ces choses que tu as ébranlées. Et même si elles changent, inéxorablement, ce n'était pas à toi d'en décider. 

 

 

Les gens absents, c'est bien ça l'ennuyeux, ils tournent tout le temps, là devant nos yeux. On croyait défaire l'étreinte d'un coup sec, et puis finalement on se réveille avec. -
Tu es caché partout où tu ne devrais pas être.. Au détour d'une rue, dans une chanson, dans les départs du dimanche soir, dans les jeux de mots de mes proches, dans les films, ceux qu'on a vu ensemble et ceux que j'aurais aimé voir avec toi, dans ma solitude. Tu es le parasite à ma joie de vivre, qui creuse son trou, petit à petit comme l’oiseau ferait son nid. J’aimerais pourtant dire que je ne t’aime plus, que tu m'indiffères totalement. C'est plus fort que moi. Plus fort que ma volonté en tout cas, qui a pris un sacré coup dans l'aile depuis que tu es au grenier des vieux souvenirs.


Parfois, je me souviens de ce que j’aimais tant chez toi, j’oublie ta mauvaise foi, ton égoïsme, ta façon de me faire comprendre que j’étais moins bien que toi. Et tu me manques. C’est le quotidien qui me rappelle sans cesse tout ce que tu as brisé entre nous avec une énergie folle, et ce que tu as cassé à jamais chez moi. C’est cette incapacité à parler d’avenir avec quelqu’un, cette impossibilité d’être proche d’une personne durablement, de me dévoiler réellement, de me battre pour conserver ceux que j’aime,  qui me rappellent à chaque instant l’immensité du mal que tu m’as fait.
 

Qu'il fasse jour ou qu'il fasse nuit, je promène cette même lenteur, ce vide intérieur. Du réveil au coucher je cherche quelque chose ou quelqu'un de solide pour raccrocher mes wagons. Rien. Je ne dors plus, mal, rarement. Je me trouve à l'exact contraire de mon ancienne bonne humeur qui, par son absence, a chassé la majorité des possibilités qui s’offraient à moi pour m'en sortir. La nuit les bons souvenirs viennent insidieusement me tourmenter, la colère est ma seule compagne une fois le jour levé.

 

Le jamais de mon toujours... -
Lorsque j’ai commencé à arrêter de t’écrire des lettres d’Adieu et à les ranger soigneusement où personne ne les trouverait jamais, j’étais foutue. J’ai commencé à vraiment croire à l’avenir de notre histoire, à me mentir à moi-même, à fuir la réalité d’une agréable parenthèse qui ne pouvait connaitre qu’une fin terriblement laide, pour équilibrer la beauté de ses débuts, sans doute. La fin est annoncée depuis Février 2008, et je m’en veux d’avoir autant cru en toi et en l'amour factice que tu me portais, d’avoir fait taire mon naturel méfiant et d'avoir appris à me contenter des miettes. On aurait pu être heureux, je le sais autant que je n'explique pas mon goût prononcé pour les fraises, mais t'as jamais été capable de me croire. « Je pourrais passer des années et des années avec toi si tu ne me rejettes pas »… Si tu avais pensé quelques fois à mon bonheur avant de faire du tien ton unique priorité.


mains  

 

- Je vivrais mille vies, et dans mille pays, ça ne changerait rien -
Je ne veux plus que ça arrive. Jamais. Ni avec toi ni avec qui que ce soit. Je préfère renoncer à cette façon que j’ai de vivre l’amour plutôt que de renoncer à ce point à moi même. Tu t’es volatisé avec le peu de naïveté qu’il me restait encore. Si seulement tu pouvais imaginer à quel point j’y tenais. Mon corps je peux le donner au premier venu s'il est intéressé. Mon cœur, plutôt crever, ce que je fais lentement mais sûrement. Chaque jour je fais le deuil de la femme que j'aurais pu être si on n’avait jamais emprunté le même chemin. De chaque chaos nait une étoile qui danse ? J’aimerais y croire mais…
Mes rêves se sont brisés sur ta main que tu ne tendais pas vers moi, tes lèvres qui ne touchaient jamais les miennes en public. Autant d'envies et de frustration mêlées à tellement moins de bonheur finalement. Autant de nostalgie de toi, parfois même en ta présence. Autant de passivité et de possessivité à la fois. Et dire que certains osent prétendre qu’ils comprennent, parce que la politesse les y oblige. Tu ne m'a pas seulement mise à l'écart de ta vie, mais aussi de celles des autres, qui sont à tellement de lieux de ce que je peux ressentir à cause de toi. 

 

 

Le temps prend tout son temps et moi je perds le mien… -
Les mois passent et me paraissent être une éternité. Mes obligations quotidiennes ne prennent pas assez de place pour permettre à mon esprit de se reposer.
Le temps qui passe est un pervers qui nous soulage de certains souvenirs, mais qui allié à l'absence peut faire des dégâts monstrueux. Ce vide au creux de mon ventre, le manque de quelqu'un qui n'existe plus et qui n'a peut être jamais existé ailleurs qu'au cœur de mes rêves désireux d'un avenir radieux. Cette manière d'encore te trouver des qualités après ce que tu m’as fait, en plusieurs fois, histoire d’être sûr de ne pas me louper. On sous-estime souvent les capacités de l'ironie du sort, sur lesquelles je ne gagne jamais contrairement à toi. 


Toutes ces promesses, qui s'évaporent, vers d'autres ciels, vers d'autres ports -
Du moins c'est ce que tu crois. Tu penses pouvoir retomber toujours sur tes pattes, mais tu te trompes. Evidemment, quand on est le bourreau, irien de plus simple que de se façonner une nouvelle image, et de tout recommencer ailleurs. Tu es incapable d'aimer quelqu'un pour ce qu'il est, tu aimes quelqu'un pour le reflet de toi que tu aperçois dans ses yeux, la façon que cette personne a de te sublimer, de faire de toi quelqu'un de bien, ce que tu n'es définitivement pas. C'est la seule explication à ta soi-disante incapacité à choisir, à ces histoires qui se croisent depuis toujours mais qui n'attendent pas de fin tranchée avant de commencer : un égo démesuré, l'insolence de croire que tout t'est dû, qu'on peut prendre sans jamais donner. Tu donnes parfois, mais tu reprends toujours, et si par malheur tu baisses dans l'estime de quelqu'un ? Il est toujours temps de fuir, parce que tu ne connais pas la force de la sincérité véritable qui nous lie définitivement à quelqu'un. Tu te crois au dessus de la force des promesses, du sens de la fidélité ou de l'amitié. Tu recycles, tes sentiments comme les preuves de leur existence supposée. 
On peut toujours gommer, le papier reste marqué, pour toujours. On n’efface pas ses erreurs, on se les pardonne, seulement quand c’est possible. Et le bonheur que l’on a sans le mériter ? On l’emprunte à quelqu’un d’autre et on finit toujours par devoir le rendre…

 

- Combien d'hivers passeront sous ma porte avant que je n'ose dire que j'aime quelqu'un d'autre ? -
Aujourd’hui, je te le dis, je suis épuisée. Simplement. Combien de mois encore avant de recoller réellement mes morceaux ? Combien de nuits restantes à étouffer de toutes ces choses que je ne t'ai jamais dites ? Combien de minutes de nostalgie et combien de temps inévitablement perdu en incompréhesion et en colère ? 
Tout ce dont je suis sûre, c’est que le jour où je pourrais entendre ton prénom sans le moindre pincement au cœur, sans le moindre sourire forcé ou gêné, sans la moindre envie de pleurer, j’aurais gagné. L’indifférence est le meilleur des mépris et c’est tout ce que tu mérites. 

 

Mélie

 

 

 

 

 

 

 

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