Easy as a kiss.
Something's coming up...
Dans la longue traversée du désert qui m'était promise, j'ai trouvé une oasis au regard magnifique.
Pas facile d'avoir la force de vivre quand les circonstances nous forcent à nous éloigner de notre seul amour, celui pour lequel on a sacrifié beaucoup trop de ce qui était essentiel, supporté des nuits d'insomnies ainsi que les pensées les plus sombres, celui dans lequel on mettait tous nos espoirs pour un bonheur futur, celui qui aurait dû remettre ma vie dans le bon sens et qui l'a finalement désordonnée bien plus qu'il ne le fallait.Pas facile de passer de l'amour à la haine en recherchant désespèrement l'indifférence qui serait libératrice. J'étais triste, salie, insuffisante, sans espoir.
Et pourtant... L'aurais-je cru si on m'avait dit que le sourire d'un autre amour tout aussi prometteur me serait salvateur ? Evidemment, on ne surfe sur la vague qu'un temps et les questions ont vite fait de revenir en se pressant. Mes fantômes prennent malheureusement beaucoup trop de place et la rancoeur me dévore à l'instar d'une plante grimpante qui envahit chaque jour un peu plus la façade de sa maison. Elle m'empêche parfois d'y voir clair, de n'espèrer que le bleu pour mon ciel à venir. Elle brouille mon esprit d'indices de trahison éventuelle, d'une fuite prochaine. Pourtant notre histoire, vierge de tout mensonge, est pleine de promesses. Il m'a rattrapé avant la dernière glissade qui aurait pu m'être fatal. Je ne suis pas naïve et je refuse de le devenir. J'ai vu de loin les conséquences qu'une confiance aveugle pouvait avoir, et je suis bien trop cassée pour pouvoir prétendre au poste de la jeune fille fleur bleue. Au delà des fantômes, il y a aussi les morceaux à rassembler, et ce sera long, très long, et laborieux aussi. Pour moi, et pour lui surtout. Il y a des réactions qu'il ne comprendra pas, mon indépendance l'ennuiera, on se renverra la balle pour faire croire à l'autre qu'on y arrive très bien tout seul, il y aura ce qu'on n'osera pas se dire, les occasions loupées et les sentiments parasités. Qu'importe, je me suis battue pour moins que ça, et quand je plonge mes yeux dans les siens, je sais que le combat en vaut la peine. J'ai peut être perdu la Terre entière mais il est celui qui m'a rendue ma lumière.
Je ne voulais plus m'attacher, jamais. Le départ prochain de mes guides quotidiens pour de nouvelles aventures m'avait d'ailleurs confortée dans cette idée : qu'ils soient définitifs ou d'ordre géographiques, un départ reste un départ et ce n'est jamais sans douleur. Je voulais garder le contrôle sur moi, sur mes habitudes, sur mes sentiments. Je ne voulais plus avoir à faire de compromis pour qui que ce soit, me contenter de balancer mon sale caractère comme ça, et si ça ne plait pas, aucune importance. J'ai chassé toutes les opportunités pendant des mois et des mois, j'ai fermé ma porte à tout et il a été le seul assez malin pour passer par la fenêtre. En me prenant la main il a tiré un trait sur une exlusivité qui aurait fini par me tuer. Je laisse mon coeur à ses soins et je ne peux qu'espèrer qu'il s'en préoccupe davantage que l'ancien locataire. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve et j'ignore où tout cela va nous mener. Je sais simplement qu'on ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va, et qu'à l'heure actuelle mon sommeil n'est apaisé que dans ses bras.